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« Il faut parfois ramener les artistes sur terre… » - Philippe Renault, cofondateur de Mauvaise Influence - Baron Mag

« Il faut parfois ramener les artistes sur terre… » - Philippe Renault, cofondateur de Mauvaise Influence

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Si je vous dis « Philippe Renault », est-ce que ça vous sonne une cloche? Celui qui a notamment déjà été journaliste au Journal de Montréal (et qui a également participé au projet RueFrontenac.com) est un véritable passionné de musique indépendante québécoise. Devant le lock-out de son ancien employeur et la fermeture de RueFrontenac.com, Renault s’est relevé les manches et a décidé de fonder avec Pierre-Luc Durand une maison de relations de presse et de consultation, Mauvaise Influence.

Née en janvier 2012, la boîte a eu le temps de se créer une place enviable dans le paysage musical québécois et de renforcer ses objectifs. Aujourd’hui, Mauvaise Influence se concentre sur les relations de presse, la rédaction spécialisée et l’aide aux subventions pour ses divers clients, dont Dance Laury Dance, Slam Disques, Maude, Audrey Emery, The Vasts et de nombreux autres. Dans le cadre de cette compagnie, Renault côtoie et travaille avec de nombreux artistes indépendants. Mais aussi des musiciens signés : « Quand j’aime la musique proposée et que le timing est bon, peu importe le statut de l’artiste. On n’a aucune barrière de style: que ce soit électro, pop, électronique, rock, métal, etc.» La base de sélection est donc vraiment basée sur l’amour de la musique et la fierté de représenter les artistes choisis.

Se lancer sans connaître les rouages du métier? Plutôt risqué…

Même si elle est très ouverte, la boîte refuse des projets de fois en fois. « Si je n'apprécie pas ce que j'entends ou si je ne suis pas à l'aise de m'affilier à un projet, je me sens à l'aise de décliner. » Et parfois, Mauvaise Influence doit faire face à des artistes indépendants qui ne connaissent pas nécessairement les rouages du métier : « Si un artiste a enregistré un album il y a huit mois et qu’il veut soudainement le promouvoir en faisant un show, ça risque de ne pas marcher. Il faut parfois le ramener sur terre par rapport à son statut, au timing et au créneau dans lequel il évolue. L’idée, ce n’est pas qu’il perde son argent!»

Est-ce possible de bien promouvoir un projet sans recourir à des services de relations de presse? « Un artiste indépendant ne va pas nécessairement se péter la gueule s’il est seul à tout faire. C’est certain qu’avec l’aide d’une équipe de presse, le musicien peut se concentrer sur sa musique. Mais si le budget n’y est pas, c’est peut-être mieux de rechercher l’aide de ses contacts. La visibilité risque d’être plus réduite, mais au moins elle sera gratuite. »

Selon Philippe Renault, l’artiste indépendant peut très bien réussir : tout dépend de ses attentes. « Vivre de sa musique est exceptionnel. L’industrie musicale ressemble à un entonnoir: difficile de passer à travers. Un musicien peut avoir un succès d’estime, mais c’est plus ardu d’avoir un succès populaire. Si l’artiste est intelligent et réaliste dans sa démarche, ça peut aller loin. S’il s’attend plutôt à signer demain matin avec Audiogram et de bientôt faire la première partie de Pierre Lapointe à Paris, c’est possible qu’il soit très déçu. »

« Les blogues peuvent certainement créer un buzz. »

En ayant travaillé en tant que journaliste et maintenant en tant qu’attaché de presse, Renault a suivi de près la mutation du journalisme vers le web et la montée des divers blogues et webzines. « Il y a de moins en moins de journaux de ligue majeure pour parler des artistes indépendants. En contrepartie, il y a tellement de blogues partout… J’ai l’impression que chacun va chercher le huitième, le vingtième ou peut-être même moins du lectorat des médias traditionnels, mais qu’ensemble ça peut aller rejoindre autant de gens. »

En prenant compte de cette réalité, Renault a très vite intégré le plus de blogues et webzines à sa liste de presse. Pour lui, ça va de soi que tous les journalistes et blogueurs sont sur un pied d’égalité au moment de gérer les relations de presse : « Je ne vois pas de différence dans la réception de mes communiqués : peut-être que les médias traditionnels vont avoir tendance à laisser de côté des sujets moins connus pour des raisons d’espace ou de ligne éditoriale. Mais c’est le même phénomène du côté des webzines : si ça ne les interpelle pas pour X raison, il n’y aura pas de couverture. Mais si 10 blogues couvrent un album, ça peut certainement créer un buzzUne vérité à prendre en compte pour les artistes qui désirent se lancer de manière indépendante!