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Cueillir son rêve, une algue à la fois

Cueillir son rêve, une algue à la fois

«Les algues ont plusieurs fois croisé ma route», dit-il, pour expliquer la genèse de son entreprise. Il ajoute: «Je mange des algues depuis longtemps. J’ai été élevé comme ça. J’ai fait ça comme boulot d’été, récolter des algues en Bretagne. J’ai aussi récolté ici pour Merinov et l’École des pêches et de l’aquaculture du Québec.»

Il y a une dizaine d’années, Antoine a visité Haliotis, une entreprise française qui se spécialise dans l’élevage d’ormeaux (un type de mollusques). C’est là que s’est opéré le déclic, et que le rêve d’entreprise est né dans sa tête. «Si on veut que notre vie ait un sens, il faut donner à ses rêves de l’importance!», lance l’entrepreneur.

Antoine Nicolas plonge en apnée, à l’année, dans trois secteurs de la région de Gaspé. Il cueille les algues une à une, à la main. «Sur mon permis de récolte, j’ai la plus grosse variété d’algues du Québec. Au Québec en général, ce n’est par forcément facile de récolter des algues. Il y a des endroits où c’est plus facile. Plus il y a des marées, plus c’est facile. On n’a pas les meilleures conditions de récolte. Par contre, nos algues auraient des meilleures propriétés. Ça reste à déterminer, mais il est probable que nos algues soient plus riches en minéraux en raison du froid hivernal.»

Antoine récolte une quinzaine d’espèces différentes d’algues, dont la laminaire sucrée. Les chefs qui achètent ses algues sont assurés de la fraîcheur des produits: «Habituellement, je cueille le dimanche. Après, ça dépend des commandes. Pour le marché haut de gamme des restaurateurs, c’est de la cueillette sur mesure. Certains clients des grands centres ont reçu leurs algues moins de 24 heures après la sortie de l’eau. C’est le concept de l’extrême fraîcheur.» L’entreprise Un Océan de saveurs transforme également des algues séchées et en fait depuis peu de la vente au détail. Une gamme de produits est en cours de création.

Les produits d’Antoine Nicolas sont certifiés Fourchette bleue. Cette certification valorise une saine gestion des ressources marines. «On ne peut pas couper la branche sur laquelle on est assis parce que demain, il n’y aura plus de ressources. Il faut savoir gérer la ressource pour garantir sa pérennité. D’un point de vue écologique et économique, c’est ça la logique», affirme l’entrepreneur, pour qui le respect de la nature est une valeur fondamentale.

«Ce n’est pas un produit facile à vendre, les algues, parce que ce n’est pas dans la culture ici», admet Antoine. Mais il est passionné et optimiste. Le plongeur-cueilleur croit que l’intérêt du public québécois pour les algues se développera: «Tout change très vite au niveau alimentaire. Là, on a un gros engouement à l’échelle mondiale au niveau des algues. Elles sont en augmentation en Europe. Ici actuellement, on a un engouement pour les produits santé et locaux. Les algues sont des produits santé par excellence!» Selon Antoine Nicolas, les algues fraîches contiennent plus de vitamines et de minéraux que les fruits et légumes.

Son algue favorite? «Le wakamé! C’est une algue qui goûte un peu moins la mer. Elle goûte un peu plus la terre. Elle a un petit goût de noisette. C’est dans les plus faciles à récolter parce qu’elle peut faire quatre mètres de long.»

Les touristes en visite dans la région de Gaspé pourront serrer la pince d’Antoine Nicolas et goûter à ses produits dès l’été, puisqu’il développe un projet de boutique avec des partenaires. Il s’agit d’une poissonnerie et boutique où les visiteurs trouveront d’excellents aliments pour remplir leur boîte à lunch et partir à la découverte du Parc national Forillon.

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