Art4WTC: Quand le street art s’installe en plein ciel

4 ans après sa reconstruction suite aux terribles événements du 11 septembre 2011 à New York, la tour 4 du World Trade Center a transformé son 69e étage en une étonnante galerie d’art en plein ciel.
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4 ans après sa reconstruction suite aux terribles événements du 11 septembre 2011 à New York, la tour 4 du World Trade Center a transformé son 69e étage en une étonnante galerie d’art en plein ciel.

À l’été 2016, les gestionnaires du World Trade Center, Silverstein Properties, ont invité de nombreux artistes à venir rendre un hommage particulier à 9/11 et à célébrer sa renaissance en s'exprimant au 69e étage de la tour 4, alors inoccupée. L’événement, qui devait initialement s’intituler Streets to Towers: Life in NYC, a réuni près d’une soixantaine d’artistes de New York et d’ailleurs: Buff Monster, Icy&Sot, Joe Iurano, Lauren YS, Ron English et WhIsBE, pour n’en nommer que quelques-uns.

La réalisation des œuvres s’est étalée sur plusieurs mois et s’est conclue le 5 avril dernier par une soirée vraiment spéciale. Cet événement, sur invitation seulement, a permis à de nombreux passionnés, artistes, représentants des médias et personnalités de la scène artistique new-yorkaise de découvrir la créativité de ces artistes talentueux.

Welcome to Cosmic World de Stickymonger. 

Welcome to Cosmic World de Stickymonger. 

Imaginez l’endroit: un étage de quelques 378 000 mètres carrés, en plein ciel, complètement vide, avec des fils qui ressortent un peu partout des murs de béton brut… et une euphorie de couleurs qui vous assaille dès la sortie de l’ascenseur.

Robert Marcucci

Robert Marcucci

“Eye love NY” – Buff Monster

“Eye love NY” – Buff Monster

Ce qui retient tout de suite l’attention, c’est la vue incroyable sur Manhattan et les environs. Une vue bien utilisée par certains artistes qui ont choisi d’en faire leur canevas. Ainsi, Stickymonger (aka Joohee Park), une artiste de Brooklyn, a fait une installation monstre couvrant plusieurs fenêtres de pellicules autocollantes représentant sa vision de l’interaction entre les gens de la rue et les buildings tout autour. Sines (aka Frank Apes), un artiste torontois maintenant basé à New York, et Icy&Sot, un duo iranien bien connu sur la scène internationale, ont également choisi ce support pour présenter l’une de leur œuvre.

"Cosmic Tower" de Stickymonger

"Cosmic Tower" de Stickymonger

"Homage to Philippe Petit (Man on wire)" de Sines a.k.a Frank Ape

"Homage to Philippe Petit (Man on wire)" de Sines a.k.a Frank Ape

Icy & Sot

Icy & Sot

Une fois passée la surprise, on découvre ensuite le vaste espace vide, habité de statues de la liberté, de drapeaux et d'autres signes en hommage à 9/11 et à la culture new-yorkaise (et américaine en général), mais également d’œuvres déjantées issues de l’univers bien particulier des artistes de cette scène.

“Hope 4 tomorrow” de Scott Walker

“Hope 4 tomorrow” de Scott Walker

“Coming to America” de Bradley Theodore & Jenna Morello

“Coming to America” de Bradley Theodore & Jenna Morello

$10 Bill de David Hollier

$10 Bill de David Hollier

“The rising” de Joe Lurato et Chris Stain

“The rising” de Joe Lurato et Chris Stain

Les artistes étaient libres de peindre à l’endroit de leur choix. Des murs de 30 pieds de haut étaient offerts à leur imagination, ce qui a représenté un défi pour certains, étant plutôt habitués à peindre sur des toiles de 30 ou 40 pouces. Une simple habitude pour d’autres comme Ron English, qui est reconnu pour ses gigantesques murales.

"No Brain No Pain" de Ron English

"No Brain No Pain" de Ron English

Les œuvres des artistes invités, provenant de toutes sortes d’horizons différents, offrent un bel aperçu des diverses techniques contemporaines d’art et de street art. Murales, affiches, graffitis, beaux-arts, sculptures, peinture à la bombe ou au pinceaux, ou encore installations, tout était au rendez-vous. Au milieu de toutes ces formes et couleurs, il était bien difficile de réaliser que nous nous trouvions dans l’un des immeubles phares de la finance américaine.

“King of the concrete jungle” de Zimer

“King of the concrete jungle” de Zimer

"Sonic Elation" de Ben Angotti

"Sonic Elation" de Ben Angotti

"Anxiety wall" de Joe Woolhead

"Anxiety wall" de Joe Woolhead

"Light Print" de L.E.G + Itaewon et “Gaalactic Ride” de Dizmologic

"Light Print" de L.E.G + Itaewon et “Gaalactic Ride” de Dizmologic

Plusieurs artistes étaient sur place avec famille et amis afin de participer à cette soirée exclusive, mais pourtant bien représentative de ce genre d’événement: DJ, service de traiteur, bar ouvert et un mélange toujours surprenant de deux mondes: les habit-cravates BCBG et robes de cocktail côtoyant les tenues souvent plus street style, parfois très originales, des artistes.

"Art4WTC" de Fanakapan

"Art4WTC" de Fanakapan

"Forbidden Fruits" de Brolga

"Forbidden Fruits" de Brolga

"Praxinoscope" de John Arthur Carr

"Praxinoscope" de John Arthur Carr

Et pour finir la soirée en beauté, New York nous a offert l’un de ses fameux couchers de soleil... Une pure extase.

20 Sunset

En regardant descendre le soleil dans la rivière Hudson, en cet endroit spécial, on ne peut que se rappeler à quel point l’humain est capable du pire comme du meilleur.

Note: À la fin de mars 2017, le gouverneur de l'état de New York, Andrew M. Cuomo, a annoncé que le service de diffusion musicale Spotify avait loué l'espace du 4 World Trade Center afin d’y déménager son siège américain. Suite à cette annonce, une controverse a éclaté sur les médias sociaux car certains artistes se sont dits mécontents que leur art se retrouve «gratuitement» comme élément de décoration d’une compagnie multimillionnaire.

*L'auteure de ces lignes souhaite remercier l’équipe de Silversteins Properties et les curateurs pour l’organisation de cette soirée.