«Les choix ne sont pas toujours faciles» - Étienne Dubuc, directeur de la programmation chez 89.3FM CISM

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»Consulter les archives de la chronique Dans les coulisses…

Quand on pense scène alternative, CISM est souvent la première station à laquelle on se réfère. Depuis 1991, la radio de l’Université de Montréal a réussi à devenir un véritable tremplin pour les artistes émergents et indépendants. «Que ce soit pour la relève musicale ou culturelle, comme le théâtre, la littérature, les arts visuels, ou même en animation, CISM est devenu un tremplin pour beaucoup de talents. C’est le fun de penser que de gros noms comme Véronique Coutier et Sébastien Benoît ont débuté ici.» explique Étienne Dubuc, directeur de la programmation à la station.

Beaucoup d’artistes ont également pu percer grâce à l’aide précieuse de CISM, qui a fait passer leur musique, leur a aussi parfois offert entrevues, possibilités de prestation… On devine déjà que cette belle réputation amène CISM à recevoir de très nombreux démos par semaine. Comment choisir parmi cette importante offre musicale? «On tient des comités une fois par semaine, afin de définir ce qui va jouer ou non sur nos ondes. On essaie d’inclure des gens aux goûts différents à la discussion pour ne rien laisser passer. Mais c’est certain que les choix ne sont pas toujours faciles.»

Parce que se concentrer sur l’émergence et l’indépendance en musique peut laisser place à des barrières parfois floues pour certains artistes. «Par exemple, on a fait jouer d’emblée le premier album solo de Louis-Jean Cormier, Le treizième étage. Mais en prenant compte de sa participation à une émission comme La Voix en tant que coach, la question se pose maintenant davantage. Même si un album est excellent, il faut se demander si l’artiste a encore besoin d’une tribune comme la nôtre.»

Une station dans la marge

Si CISM est devenu au fil des années un des phares vers lequel on se tourne pour savoir ce qui se trame dans la scène alternative, elle représente aussi un média totalement différent des circuits plus traditionnels. Axée sur la découverte de nouveaux talents, la station s’intéresse avant tout à la qualité de ce qui est présenté. «Les plus gros médias doivent souvent faire passer l’audimat avant tout. Ça ne laisse pas beaucoup de place aux artistes émergents ou aux découvertes qui sortent de l’ordinaire. On a vécu un gros recul avec la mort de Bande à Part. Il va falloir que le monde médiatique se réadapte.»

À part le manque d’ouverture de certains médias, qu’elle est la plus grande difficulté que les musiciens indépendants doivent affronter? «Se faire entendre et remarquer dans une ère où les offres se multiplient, c’est certain. Beaucoup d’artistes ont tendance à se faire prendre à ce jeu et à vouloir percer le plus rapidement possible en multipliant les actions pour être visible. Personnellement, je conseillerais plutôt aux musiciens de se concentrer sur la qualité de leur musique. C’est comme ça que des groupes aux moyens limités comme Amantani ou Ponctuation ont été remarqués.» Artistes indépendants, tenez-vous le pour dit!