Nicolas Ménard: bons baisers de Londres

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Diplomé d’une technique en graphisme au Collège Ahuntsic, d’un certificat en animation 3D de l’université Concordia et d’un baccalauréat en design graphique de l’UQÀM, Nicolas Ménard a beaucoup travaillé à la pige comme designer graphique et motion designer tout au long de ses études. C'est après le bac qu'il déménage à Londres pour approfondir sa démarche artistique au Royal College of Art. Baron a réussi à s'entretenir avec l'artiste, toujours établi en Angleterre.

NIcolas Ménard

Baron: Qu'est-ce que les études au Royal College of Art de Londres t’ont donné, sur le plan professionnel?
Nicolas Ménard: Je perçois surtout le Royal College of Art comme une plateforme pour me faire grandir personnellement plutôt que professionnellement. Par contre, c’est évident que d’établir une présence à Londres me permet d’aller chercher une nouvelle clientèle et de faire des rencontres très intéressantes pour des projets d’avenir. J’ai tranquillement commencé à rencontrer certains studios d’animation qui sont attirés par mon travail, alors je ne laisse aucune porte fermée pour la suite des choses, l’an prochain. On verra bien, dans le temps comme dans le temps! L’idée de rester indépendant reste aussi très séduisante.

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B.:Tes illustrations sont un mélange de sérigraphie et d'animation. Quelles influences t’ont mené à développer ce style?
N. M.: À l’UQÀM, on a la chance d’avoir des ateliers de sérigraphie très accessibles qui encouragent l’expérimentation. J’étais constamment en train d’imprimer des illustrations en sérigraphie lors du bac, et je suis tombé en amour avec le processus. Je trouvais que de se limiter à une palette de 2 ou 3 couleurs m’obligeait à trouver des solutions visuelles originales. Côté animation, je jouais beaucoup avec Flash quand j’avais 14-15 ans, et j’ai continué à apprendre par moi-même l’animation 2D et 3D en parallèle de mes études en design. En commençant à travailler pour Astral Media à la fin du Cégep, le motion design m’a mené à mélanger mes illustrations et l’animation pour faire ce que je fais maintenant.

B.: Dans quel environnement travailles-tu pour favoriser ta créativité?
N. M.: Depuis un an, je travaille le plus possible à mon bureau du Royal College of Art, entouré de dizaines d’étudiants super talentueux. C’est sûr que c’est inspirant de travailler dans un environnement où tout le monde est motivé et bon dans ce qu’ils font. Par contre, si je reste devant l’ordinateur je suis incapable de trouver des idées. Alors, pour vraiment favoriser ma créativité, je prends de longues marches dans les parcs ou je me couche sur le dos et je regarde le plafond pendant longtemps. J’ai besoin de me perdre dans mes pensées pour mieux réfléchir. L’ascenseur et faire la vaisselle, c’est pas mal aussi.

B.: Si on joue au jeu des comparaisons entre Londres et Montréal...Dans tes premières semaines à Londres, qu'est-ce qui t’a marqué le plus?
N. M.: Mes premières réactions étaient les suivantes :

— « Mais où sont les Anglais? »

— « Pourquoi y’a autant de Français? »

— « C’est donc ben grand icitte. »

— « Maudit que les autobus sont cool. »

— « Comment on fait pour sortir de la ville? »

— « Câline que les gens sont bien habillés, j’ai l’air d’une guenille. »

— « Y’est où le fromage en grain que je me fasse une poutine? »

B.: Un endroit que tu as découvert, depuis ton arrivée, qui vaut vraiment le détour (resto, café, magasin, entreprise, atelier, espace public) et pourquoi?
N. M.: Les musées: tous les musées à Londres sont géniaux et, en plus, ils sont gratuits. Le Natural History Museum est magnifique et, juste à côté, il y a le Victoria & Albert Museum. Sinon, tous les matins, je marche dans le Hyde Park pour me rendre au Royal College of Art. Il y a toutes sortes d’espèces d’oiseaux et plein de chiens qui courent après les écureuils. Faut pas manquer ça.

B.: Qu'est-ce que Montréal doit envier à Londres?
N. M. : Ses autobus à deux étages, sa communauté d’animation active et accessible, sa power communauté de designers, ses sandwichs et sa reine (joke).

B.: Qu'est-ce que Londres doit envier à Montréal ?
N. M.: Son confort, ses saisons, sa proximité avec la nature et son coût d’habitation pas cher.

nicolasmenard.com