«C'est dur de se démarquer...» Jérémie Pelletier, attaché de presse chez Bonsound

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Le monde de la musique est en pleine mutation et ce, depuis déjà une dizaine d'années (et sinon plus). D'albums bien choisis que j'achetais plus jeune en comptant mes sous, je peux aujourd'hui avoir accès à tout ce que je veux d'un simple clic. Avec les pertes financières que cette réalité engendre pour les maisons de disques, on voit de plus en plus d'artistes se lancer « à leur compte » par goût ou nécessité. Musique, direction artistique, promotion, gestion d'image... tout devient du ressort d'une seule et même personne. C'est bien beau tout ça, mais comment les intervenants qui touchent de près ou de loin à la musique indépendante perçoivent ce phénomène? Petite enquête...

C'est Jérémie Pelletier, attaché de presse chez Bonsound, qui a brisé la glace en acceptant de discuter avec moi de musique indépendante. Travaillant depuis trois ans pour la compagnie de musique qui offre des services de gérance d'artistes, de maison de disques, d'agence, de producteur de spectacles et de relations de presse, ce mélomane a accumulé une expérience assez pertinente merci par rapport au milieu musical actuel.

Jérémie est catégorique : il y a énormément d'artistes pour le peu de places en maison de disques. « On reçoit de 10 à 20 démos par semaine! Certains artistes viennent même nous donner leur EP en personne. C'est parfois étourdissant de passer à travers toutes ces propositions. » Alors, comment Bonsound procède pour trouver ses artistes? « On y va par coups de cœur. Ça se fait de façon très naturelle. On n'a pas d'intérêt à travailler avec des gens qui ne nous accrochent pas musicalement.»

Reconnue pour son respect total de la créativité de ces artistes, la maison Bonsound cherche des talents relativement établis. « On ne se mêle pas du tout du volet création. Les musiciens ont carte blanche : on est loin de les construire de A à Z. » Les artistes indépendants qui désirent signer un contrat chez Bonsound ont donc des croûtes à manger, que ce soit en faisant le plus de spectacles possibles, en s'affichant sur les réseaux sociaux et en tentant de créer un engouement envers leur musique. « Il nous faut des gens qui ont évolué dans le milieu et qui se sont trouvés musicalement. »

Et la couverture dans tout ça?

En tant qu'attaché de presse, Jérémie s'occupe bien sûr des relations avec les médias, mais aussi des réseaux sociaux et des sites web de certains artistes. Selon lui, si la musique indépendante n'a pas trop de difficulté à être bien représentée dans les journaux et blogues, c'est une autre histoire par rapport à la télévision. « À part l'émission Belle et bum à Télé-Québec, c'est plutôt rare de voir des artistes non signés sur nos écrans. La plupart des canaux embarquent à la fin de la vague.»

Et ce, c'est sans parler des radios commerciales : « Personnellement, ça me dépasse. Par exemple, elle est bien bonne la toune Applause de Lady Gaga, mais est-ce qu'on pourrait ne pas la faire jouer 20 fois par jour ? Mais en même temps, le fait qu'une chanson passe à la radio, ça ne fera pas nécessairement exploser les ventes. Il faut en prendre et en laisser. »

En tout et pour tout, est-ce que la musique indépendante a son lot de couverture selon lui? « De façon générale oui. La difficulté réside davantage dans le nombre incroyable d'artistes qui veulent percer. C'est dur de se démarquer jusqu'à l'obtention d'un contrat en maison de disques. Mais si l'album est bon, tout est possible! »