Works That Work : Le National Geographic du design

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Le magazine néerlandais Works That Work, basé à La Haye, veut comprendre les fondements de la créativité et du design dans notre quotidien en observant des lieux et des moments inusités à travers le monde. Entrevue avec l'éditeur, Peter Bilak, de l'agence Typotheque.

Baron : Comment Works That Work a-t-il vu le jour?

Peter Bilak : Il y a un an, je considérais la lecture comme un moyen d'acquérir de nouvelles connaissances. J'ai commencé à observer les magazines de design et j'ai remarqué qu'ils ne livraient pas de nouvelles informations surprenantes que nous ne connaissions pas. Ils se concentraient sur les choses que l'on savait déjà, sur la simple présentation, sans aller en profondeur. Je me demandais s'il était possible d'avoir un magazine de design qui puisse être lu aussi par des non-designers; quelque chose que tous les curieux aimeraient lire pour découvrir le mystérieux et l’inusité dans le monde du design; quelque chose pour les non-spécialistes.

Après avoir dressé une liste de 40 sujets possibles, j'ai commencé à rassembler des collaborateurs, et j'ai utilisé le financement participatif pour soutenir le magazine. En une semaine, nous avons atteint notre objectif. Un an plus tard, le premier numéro était imprimé.

B : Comment décririez-vous votre ligne éditoriale?

PB : Nous voulons des oeuvres sur divers sujets reliés par le thème de la créativité humaine. Nous cherchons une meilleure compréhension de la démarche créative et de ses motivations.

Selon moi, la créativité n'est pas uniquement réservée aux artistes ou aux designers. Toutes les créations de l'homme comprennent de la conception, même si certaines des créations les plus réussies sont tellement intuitives qu’elles semblent avoir été improvisées, lorsque nous les étudions de près. Notre politique éditoriale est simple : si nous entendons une histoire pertinente de conception que nous aimerions partager avec nos amis autour d'un dîner, nous voulons en parler.

B : Pourquoi avoir choisi le média imprimé?

PB : J'ai eu le sentiment que les gens comme moi, qui passent trop de temps devant l'ordinateur, préfèrent lire sur papier. Notre campagne de financement participatif a été l'occasion de tester ma théorie. Nous avons offert le magazine en différents formats : numérique (EPUB, HTML et PDF) pour 8 €, impression pour 16 €, et imprimé et numérique pour 20 €. La plupart de nos lecteurs ont choisi et payé pour l'imprimé.

: Quelle est la réaction du public?

PB : Les réactions sont positives et très encourageantes. Nous avons amassé près de 30 000 € avec la campagne de financement participatif, et les 3 000 exemplaires imprimés sont maintenant presque épuisés. Nos lecteurs nous ont non seulement aidés à financer le magazine, mais ils nous participent également à la distribution, puisque nous payons les lecteurs pour qu’ils apportent les magazines dans des commerces. Ils contribuent également au contenu.

B : Quelle est votre stratégie de vente et de croissance? Publicité ou comarquage?

PB : J'ai vraiment envie de créer un magazine que je serais moi-même ravi de lire. Je n'aime pas les modèles des magazines où vous devez sauter plusieurs pages en raison de la publicité.

Dans le premier numéro, nous avons réservé 10% de l’espace à la publicité. Concernant la deuxième question, nous faisons une transition vers un magazine sans publicité, soutenu par l'abonnement. Nous allons présenter un seul partenaire commercial du magazine sur la couverture arrière, en ligne et dans les e-books.

B : Avez-vous quelques projets à venir?

PB : Le deuxième numéro sortira à la mi-juillet.

worksthatwork.com