38e Festival franco-ontarien

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Le week-end dernier, Ottawa a vibré au son de la musique francophone grâce au  Festival franco-ontarien. Pendant trois jours, francophones et francophiles ont afflué vers le parc Major, à deux pas du Parlement, pour participer à la 38e édition de ce festival.

Plaire à un public aussi bigarré que « les francophones de la région d’Ottawa » peut s’avérer être tout un défi. Néanmoins, année après année, les organisateurs semblent relever le pari, entre autres en touchant à différents styles musicaux et en jumelant des artistes de la relève avec des noms bien établis.

C’est ainsi que jeudi, Anodajay et Koriass accompagnaient la Bottine souriante, alors que vendredi la formation ottavienne Billy Love Band a ouvert les festivités, suivis d’une prestation commune de Damien Robitaille, Mara Tremblay, Marc Déry et certains membres du défunt groupe Les Colocs. Les festivaliers ont également eu droit à quelques surprises, incluant l’apparition inattendue de Loco Locass, dont la présence n’avait pas été préalablement annoncée.

C’est toutefois la troisième soirée que j’attendais avec le plus d’impatience, puisque Misteur Valaire venait y présenter son nouveau matériel. Ils étaient précédés de ERTA, de La Bronze et Cœur de Pirate. J’étais d’ailleurs très curieux de revoir La Bronze, artiste qui m’avait étonné lors de son passage au Festival de l’Outaouais Émergent l’automne dernier.

Comme à son habitude, La Bronze est arrivé sur scène débordants d’énergie. En plus de ses musiciens, Nadia Essadiqi était également accompagnée de ses deux danseuses habituelles, qui font définitivement toute la différence en offrant une présence sur scène hors du commun. Pour ceux qui ne connaissent pas, La Bronze n’est pas un trio, mais bel et bien un quintette, dont seulement trois membres jouent d’un instrument, alors que deux autres les accompagnent à la danse. D’ailleurs, le dynamisme de la troupe a amplement compensé le fait que les textes chantés par Nadia se perdent dans la cohue d’un concert extérieur d’une telle ampleur. Ce fut définitivement un bon préambule à cette soirée qui s’annonçait déjà fort intéressante.

Le rythme a toutefois été quelque peu brisé par la prestation de Cœur de pirate. Bien qu’elle soit une artiste de grand talent, elle semblait un peu perdue au centre de cette vaste scène de festival. Parfois assise au piano, parfois debout face à son micro, elle a offert une performance qui manquait un peu d’éclat. Qu’à cela ne tienne, son charme a fait son œuvre, et le large public qui s’était déplacé pour la voir s’est facilement laissé séduire. Je dois admettre qu’elle a offert une excellente performance vocale, et ce, malgré qu’elle se remettait à peine d’une bronchite. L’enthousiasme de la foule semble également avoir redonné de la vigueur à l’artiste qui paraissait de plus en plus à l’aise au fur et à mesure de l’évolution du concert.

L’arrivée sur scène de Misteur Valaire a toutefois complètement changé la donne. Armé de leur forte expérience, le quintette a tout de suite réanimé la foule. Venus nous présenter les pièces de leur prochain album, ils ont également réservé une importante place à leur matériel plus ancien. Débordant d’une énergie communicative, ils ont immédiatement connecté avec la foule, y compris les fans de Cœur de Pirate resté sur place par simple curiosité.

Misteur Valaire a su utiliser tout l’espace à sa disposition en s’installant en demi-cercle sur la scène. Chacun des musiciens était ainsi bien visible, tout en laissant vacant un grand espace au centre, que le bassiste, le saxophoniste et le trompettiste utilisaient à tour de rôle. En plus d’avoir une présence sur scène incomparable, Luis Clavis (chanteur et percussionniste) s’est régulièrement adressé à la foule, s’excusant au passage de ne pas présenter que du matériel francophone. Bien qu’on sente un léger manque d’improvisation, ses interventions bien senties ont ravit la foule à tout coup.

Je suis donc reparti enchanté par la performance hors du commun de La Bronze, charmé par Cœur de Pirate, et épuisé de m’être laissé emporter par les rythmes de Misteur Valaire. Chapeau au Festival franco-ontarien pour cette magnifique soirée et pour une autre édition fort réussie!

(Par Jonathan Chagnon de La Chasse @ BRBR)