Le Turbo Haüs : nouvelle salle de spectacles à Montréal

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On ne peut pas dire que l’offre en matière d’endroits où aller voir des spectacles soit très diversifiée sur l’île. Les quelques salles de grandeur moyenne surfent sur les profits de la vente de bière, pendant que d’autres se font fermer le clapet à coups de plaintes concernant le bruit. Dans cet espace trouble où la survie est loin d’être chose acquise, les gars du groupe punk Trigger Effect jettent l’ancre avec un nouvel espace culturel, le Turbo Haüs.

Situé à quelques pas du Centre Bell, dans un immeuble où pullulent les locaux de pratique, le Turbo Haüs peut accueillir 120 personnes, une taille idéale pour y présenter concerts de groupes émergents. Baron s’est entretenu avec le chanteur de Trigger Effect, Nick Babeu, concernant cette entreprise inaugurée en février dernier avec des prestations de Suuns et de USA Out of Vietnam.

Baron : Vous affirmez avoir pris la décision d’ouvrir cette salle après vos tournées en Europe, où les conditions offertes aux musiciens sont meilleures. Est-ce que l’industrie du spectacle y est en meilleure santé, où est-ce plutôt une question de différences de culture?

NB : Les groupes sont définitivement beaucoup mieux traités par les promoteurs européens, surtout en ce qui concerne les repas et l’hébergement, mais c’est surtout quelques salles et galeries d’arts où on a atterri qui nous ont vraiment inspirés à ouvrir le Turbo Haüs. Il y a beaucoup d’espaces indépendants, autonomes, underground, qui apparaissent dans des endroits inattendus, et ce, partout sur le continent. Des endroits comme le squat Køpi 137 à Berlin, Hafenklang à Hamburg ou Metelkova à Ljubljana (Slovénie) sont tous des exemples d’endroits qui ont été fondés par un petit groupe de personnes avec des ressources limitées, et qui sont devenus des passages obligés pour la communauté artistique. Souvent, ces spots voient le jour dans des buildings abandonnés, résidentiels ou militaires, qui sont transformés à l’insu du propriétaire. Il semble y avoir un plus grand esprit d’entrepreneuriat « DIY » là-bas. Ici, j’ai l’impression que si quelqu’un essayait de fonder un espace de diffusion artistique dans un bâtiment abandonné, il y aurait instantanément des policiers sur le cas.

B: Vous avez organisé quelques concerts dans votre ancien local de pratique, et avez reçu des amendes pour avoir affiché des prospectus sur les poteaux de la ville. Le Turbo Haüs, lui, a été ouvert en toute légalité. En aviez-vous assez de vous prendre la tête avec la Ville?

NB: Non, on organisait des shows de temps en temps, mais on n’a jamais eu de problèmes avec la Ville pour ça. Par contre, quelques shows se sont terminés avec des actes de vandalisme dans le bâtiment, donc maintenant, on a toujours un ou deux gardiens de sécurité qui gardent l’oeil ouvert.

B: Vous semblez avoir investi beaucoup d’argent dans la salle (rénovations, système de son, permis d’alcool et de nourriture). Êtes-vous confiants de pouvoir le récupérer rapidement?

NB : Très confiants! Nos derniers shows nous ont prouvé qu’on allait pouvoir se rembourser avant la fin de l’année, peut-être même plus tôt selon le nombre d’événements qu’on organisera.

B: J’imagine qu’une bonne partie du public que vous allez attirer sera issu de la scène punk, un public qui n’est pas forcément habitué à payer très cher pour les concerts. Croyez-vous que ça puisse être un problème

NB : Je crois que les prix dans la ville tournent beaucoup autour de 5 $ à 12 $, et c’est aussi dans cette fourchette qu’on garde les nôtres. On ne pensait pas monter plus que ça de toute façon. On était conscients cependant qu’on risquait d’être considérés comme une salle strictement punk, donc on fait un effort pour présenter des événements variés autant que possible. Jusqu’à présent, on a organisé des concerts avec des groupes de plusieurs styles de musique, de la comédie, des projections de film, des soirées de danse…

B : Vous présentez le Turbo Haüs comme une salle multimédia. Peux-tu m’en dire plus?

NB : On a une bonne scène et un bon système de son et d’éclairage, donc on peut recevoir toutes sortes d’événements. On a aussi accès à un système de projection qui est fantastique pour des présentations vidéo. On peut faire des événements assis ou debout, la place est très polyvalente.

B : Combien d’événements prévoyez-vous présenter et à quelle fréquence environ?

NB : Au début, on pensait en faire un ou deux par mois, mais tout va tellement bien et c’est tellement encourageant qu’on va peut-être augmenter un peu la fréquence. Cependant, il n’y aura rien pour les deux prochains puisqu’on part en tournée pour notre prochain album.

B : Vous lancez votre troisième album, What’s Left to Eliminate?, le 10 mai au Il Motore. Pourquoi avez-vous décidé de faire votre spectacle de lancement ailleurs qu’au Turbo Haüs?

NB : On en a discuté, mais on a décidé de le faire ailleurs pour deux raisons.  Premièrement, la salle est trop petite. On attend plus de monde que ce qui peut entrer au Turbo Haüs. Deuxièmement, on ne voulait pas avoir à gérer une salle bondée pendant notre party de lancement. On a un show à donner, et on veut pouvoir célébrer sans stress.

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What’s Left To Eliminate sera en magasin dès le 30 avril.

Spectacle de lancement le 10 mai au Il Motore (179 Jean-Talon Ouest, www.ilmotore.ca)

Le Turbo Haüs est situé au 1180, rue St-Antoine Ouest.

Booking : turbohausmtl@gmail.com