Hot-dog aux algues pour apporter, svp.

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Quelle ironie quand même, après un mois de vacances au Japon, à manger du riz matin, midi et soir, je rêvais de nourriture occidentale; poulet rôti, légumes grillés et gnocchis au pesto… à mon arrivée à l’aéroport de Vancouver, quel est le premier stand culinaire sur mon chemin? Japadog.

Japadog, contraction des mots Japon et hot-dog, est une cantine qui troque la garniture relish, moutarde, ketchup pour le wasabi, algues et radis râpé. Pensez sushi dans un pain steamé. Genre.

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Pimp mon hot-dog

Japadog fait figure de symbole de réussite pour les entrepreneurs d’ici. Le concept est le fruit de la créativité de Noriki et Misa Tamura, un couple d’entrepreneurs arrivés de Kyoto en 2005. À cette époque, Vancouver impose des règles strictes entourant les cantines mobiles. Seules les boissons rafraîchissantes, les muffins emballés individuellement et hot-dogs peuvent être vendus sur la rue.

Déterminés à se démarquer des autres stands de hot-dogs, les Tamura peaufinent leur menu de hot-dogs à la japonaise. Naît le Negimiso; saucisse de dinde, sauce miso, recouvert de chou râpé et le Kurogoma Kimuchi, garni de sésame noir et de kimchi (légumes fermentés).

Après deux années à enchaîner les longues heures de travail la tête dans les vapeurs de grill, les efforts du couple portent fruit. Les files s’allongent, les critiques culinaires s’extasient, les célébrités affluent. Flairant la bonne histoire, les médias dépêchent des reporters pour croquer ce bout d’Asie-made-in-America, certains d’aussi loin que de la Grande-Bretagne et du Japon. Le chef-vedette et animateur Anthony Bourdain tombe sous le charme du Japadog dans un épisode de son émission No Reservation. Il n’en fallait pas plus pour augmenter la notoriété et les revenus de la cantine.

Aujourd’hui, cinq cantines mobiles servent les Vancouvérois, en plus du restaurant permanent, rue Robson. Les affaires vont si bien que Japadog a ouvert son premier resto à New-York, en janvier dernier. Le couple proclame fièrement son intention de conquérir la planète entière avec ses hot-dogs à la japonaise.  En fait foi le slogan de Japadog  : « Rendre le monde heureux, un hot-dog à la fois! » À en croire les nouvelles en provenance de New-York, la conquête globale pourrait bien se concrétiser.

Le chien-chaud identitaire

Le resto-mobile incarne à lui seul l’hybridité japano-canadienne si typique de Vancouver. L’immigration japonaise en Colombie-Britannique remonte à 1877, un héritage qui se lit sur les visages des Vancouvérois. Un héritage métissé désormais matérialisé dans un mets servi sur panier de plastique rouge, tapissé de papier parchemin trempé de graisse.

À l’heure du lunch, je prends place dans la file d’attente remplie de clients d’origine asiatique. Me voilà mûre pour mon baptême du Japadog. J’opte pour le célèbre Terimayo; sauce Teriyaki, mayonnaise et algues. La saucisse juteuse me coule sur le menton et le mélange de sucré et de salé me plaît. Les frites assaisonnées d’algues et de sel complètent bien l’aventure gustative. Je le concède, j’ai entre les mains une mutation réussie du traditionnel steamé-relish-moutarde. Et c’est là que réside tout le génie de Japadog; offrir un produit réconfortant, relevé d’une touche d’exotisme..

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