Parkdale et son japonais hip

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Exit les gratte-ciel du centre-ville de Toronto, bienvenue dans un quartier singulier en pleine expansion : Parkdale. À l’époque un secteur pauvre, il se transforme rapidement en quartier général des cool kids grâce au grand nombre de bars, boutiques et cafés qui y ont poussé. Un peu comme Ho.Ma avec l’ambiance du Mile-End.

C’est à l’ouest de West Queen West (le Plateau de Toronto) qu’on retrouve le Kanji, nouveau-né des restos-bars japonais. Je m’étais promis de ne pas parler d’un restaurant japonais pour mon premier article de cette série, qui vous proposera les meilleurs endroits pour voyager dans votre assiette. Mais, impossible de résister au charme du Kanji. Il fait partie de ces restaurants où, dès la première visite, on a envie de devenir un habitué.

Les murs recouverts de lattes de bois et les luminaires originaux (des ampoules qui pendent au bout d’énormes cordes nouées) composent le décor moderne et chic de la grande salle à manger et de son bar à sushi. Pour ce qui est de la musique, c’est du hip-hop! Rien à voir avec les petits isakayas de Tokyo, ou encore de ses grandes salles à manger typiques, mais impersonnelles. Sauf pour la bouffe.

Avec deux amis, nous faisons confiance à la serveuse qui nous recommande plusieurs plats à partager. Pour débuter, une crêpe japonaise aux fruits de mer avec une sauce à l’anguille et flocons de poisson séché; un plat un peu lourd et qui goûte un peu trop… le poisson. Nous aurions préféré les fruits de mer sur le dessus et une pâte moins collante que celle-ci, ressemblant à celle des « Gyoza », des dumplings au bœuf et légumes, pour leur part très bons. Leur sauce aigre-douce est parfaite, et ceux-ci sont juste assez croustillants à l’extérieur et tendres à l’intérieur. Un plat classique, mais réussi!

La salade à la chair de crabe bleu est un délice, les concombres fuselés ajoutent une touche de fraîcheur aux wakamés, de petites algues vertes, claires et savoureuses. Le « Treasure Island », un mélange de saumon et de thon crus, est servi dans un demi-avocat surmonté de poireaux frits et de caviar, ce dernier éclatant littéralement dans la bouche. Au fond de l’assiette, une mayonnaise au miso et une vinaigrette acidulée aux notes de mandarine sont proposées, et je vous assure qu’il n’en est pas resté (et avec des baguettes, ce n’est pas peu dire!)

Nous poursuivons avec un maki, le «Crazy Tuna», un rouleau aux deux thons (thon rouge épicé croustillant et steak de thon poêlé au poivre). Des poireaux frits donnent un côté croustillant qui fait changement du tempura, et les sauces, une mayonnaise au wasabi et une réduction de coriandre sont une valeur ajoutée.

Pour terminer, le « Nigiri sushis set », une sélection de 9 poissons dont le thon rouge, le thon à queue jaune, le poisson-beurre et le saumon, sont présentés dans une belle assiette rectangulaire. Le riz, à la bonne température, est juste assez collant et le poisson extrêmement frais. Une finale réussie où même le wasabi s’est distingué, dans l’assiette comme dans nos verres.

Mes acolytes, adeptes de Bloody’s, se laissent tenter par les Wasabi Ceasar’s, où une bonne dose de la moutarde verte vient remplacer avec brio le classique Tabasco. J’opte pour ma part pour le Mantago, un cocktail à base de vodka et de saké relevé avec du citron et son zeste, du sucre et du sel. Un cocktail drôlement équilibré qui plaira peut-être aux amateurs de Tequila Bang Bang.

Au final le Kanji est un croisement, entre la cuisine fusion et la cuisine traditionnelle japonaise, entre le souper entre amis et la soirée endiablée qui attend à quelques pas au bar à saké. À quelques exceptions près, les plats y sont impeccables, et offerts à un prix raisonnable (25 $ par personne sans l’alcool). Et quand, en plus, le propriétaire se prénomme Jazz (Jazz Sambra) ça ne peut qu’être un endroit gagnant.

Kanji
Sushi – Sake
1346 Queen Street West, Toronto. M6K 1L4
www.kanjitoronto.com