Studio Feed: La fascination des Lettres

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« Chez nous, il y a cette espèce de fascination pour toute la chose typographique. L’édition et les projets de branding ont en commun le travail typographique, mais à deux échelles complètement différentes. » C’est ce qui définit si bien le studio FeeD lorsque je parle avec l’un des cofondateurs, Raphaël Daudelin. C’est avec Anouk Pennel qu’il s’est associé en 1999, pour faire rouler leur boîte de design graphique.

Comment FEED est-il devenu votre travail à temps plein?
Anouk et moi étions les deux seuls employés d’une petite boîte, Épicentre, dirigée par François Picard. il savait très bien qu’on allait éventuellement partir. Il fallait donc penser à comment la transition allait se faire. Nous avons donc pris une sorte d’arrangement avec lui, qui allait donner du temps à tout le monde pour préparer les choses, parce que c’est clair que nous ne serions pas partis du jour au lendemain. Il a été assez incroyable avec nous, parce que pendant nos premières années à notre compte, nous n’avions pas de lieu physique où travailler. Finalement, on faisait nos journées au bureau où on travaillait pour lui, mais on « squattait » le bureau le soir jusqu’à souvent, assez tard dans la nuit, pour continuer à travailler sur nos trucs à nous.

Aviez-vous l’entrepreneurship dans le sang à la base?
À la base, pas tant que ça, je dirais. Lorsqu’on a fait le grand saut, on n’avait pas besoin de faire de programme, ou de plan de démarrage d’entreprise, parce qu’essentiellement, ça nous faisait perdre beaucoup de temps et nous avions déjà un réseau de contacts établi depuis les dernières années. Quand on a commencé à travailler dans FEED à temps plein, ça faisait déjà sept ans qu’Anouk et moi collaborions ensemble. Donc, on se connaissait déjà très bien dans notre relation de travail et on ne démarrait pas les yeux fermés.

Avez-vous eu à faire beaucoup de sollicitation pour vous trouver de nouveaux clients?
Depuis le début, ce sont les gens qui appellent. Dans les faits, on n’a jamais eu à solliciter les clients. je trouve que ça peut devenir délicat lorsque tu fais de la sollicitation. À partir du moment où tu as insisté pour que quelqu’un vienne travailler avec toi, si ça se passe bien tant mieux, mais si ça se passe mal, nécessairement tu dois te sentir comme si c’était un peu de ta faute, parce que c’est toi qui a poussé pour que cette personne-là travaille avec toi.

Comment votre entreprise a-t-elle évolué depuis le début?
Là où notre entreprise s’est faite un nom, c’est avec l’édition. mais maintenant, on a beaucoup de projets re-branding. C’est ce qui nous permet de pouvoir faire rouler l’entreprise avec des employés et de continuer à avoir des projets d’édition. Parce que sinon, ce serait impossible de faire rouler l’entreprise avec seulement des projets d’édition.

Pourquoi y a-t-il tant de projets de re-branding? Que pensez-vous des images de marque?
Si on parle autant du branding en ce moment, c’est peut-être que l’image de marque ne se véhicule plus comme ça se véhiculait il y a 10-15 ou 20 ans, à cause de la place que le Web occupe maintenant. C’est sûr que ça motive la réflexion quand on essaie de gérer une idée de marque où lorsqu’on essaie d’amener une marque ailleurs. Ce que je trouve intéressant dans les projets de branding, c’est une espèce de réflexion par rapport à laquelle il faut vraiment être capable de pendre du recul pour avoir une vue d’ensemble sur ce qu’on travaille, ce que l’on développe, qui est très différente de lorsque l’on travaille sur un projet de livre. Lorsque tu fais un livre, on va te fournir du contenu, du texte et des images. À partir de là, tu devrais avoir tous les éléments pour trouver une solution. Pour le projet de branding, on ne te donne pas les réponses. si tu n’as pas de critères d’évaluation sur lesquels tu t’es mis d’accord avec ton client préalablement, c’est beaucoup plus difficile. Si tu laisses ça juste à: «Est-ce que moi ou mon client, on trouve ça beau ou pas beau?», tu es vraiment mal barré. À la limite, que le client trouve ça beau ou pas beau, je m’en fous. Ce que je veux dire, c’est qu’à un moment donné, le travail qu’on fait est pour répondre aux besoins qu’une entreprise a. La question est plutôt: « Est-ce que ça répond aux besoins de l’entreprise? ». Les critères établis avec le client vont permettre d’évaluer le travail que tu as fait.

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