Que le meilleur gagne?

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La musique ne va pas bien. Les livres imprimés non plus. Le cinéma s’en sauve un peu grâce à cette invention superflue qu’est le 3D. On nous répète constamment que le web a tué l’art. Un jeune de 13 ans ne sait peut-être pas comment faire pousser un plant de tomates, mais il sait mieux que vous où trouver le nouvel album ou le nouveau film de l’heure gratuitement en ligne. L’industrie veut sa tête depuis qu’elle a eu celle de Napster.

Depuis deux ans, j’ai pris la décision de mettre l’industrie de côté et de me concentrer sur l’artiste. Celui-là, il y a quelques années, ne pouvait pas se payer l’équipement pour enregistrer une simple chanson et encore moins débourser pour une stratégie marketing afin de promouvoir son oeuvre. Le talent et la persévérance étant une chose que seul l’artiste peut contrôler, la technologie a, de son côté, diminué les coûts de production (merci Apple, sincèrement) et le web a fortement facilité la distribution. Nous sommes dans une période de démocratisation de l’Art et c’est sans l’ombre d’un doute le meilleur moment pour être un artiste. Vraiment.

Il n’y a pas si longtemps, nous allions voir des pièces de théâtre, des expositions, des films. Aujourd’hui, nous sommes comédiens, photographes, cinéastes. Il est possible pour chacun de créer et de partager. On ne veut plus juste prendre, on veut donner. Plusieurs disent que le contenu de qualité se perd dans un océan de médiocrité. Nous souffrons peut-être d’un déficit d’attention dû à toutes ces possibilités. Nos sentiments d’appartenance envers nos découvertes musicales ne sont plus aussi intenses que jadis. Le nouveau fan cliquera sur « j’aime » au lieu d’acheter vos t-shirts. Vrai. La bonne nouvelle, par contre, c’est que vous avez aujourd’hui la chance d’y participer, contrairement à il n’y a pas si longtemps, lorsqu’uniquement les maisons de disques avaient le pouvoir.

Ces dernières ne vous appelleront pas pour vous offrir du boulot. En fait, quand on y pense bien, le musicien n’est qu’un employé des maisons de disques avec comme objectif de générer des revenus. Quand il n’y arrive pas, on le fout à la porte. Nous avons maintenant des structures assez solides pour se déclarer travailleur autonome. Oui ce sera beaucoup de travail, oui il faut croire en son produit, mais pour la première fois depuis des lunes, le pouvoir est aux artistes. Les outils sont à portée de main et ils sont aussi importants à connaître que les accords d’une guitare.

Est-ce que ce sera celui qui offre le produit de qualité qui gagnera l’attention des internautes? Celui avec la meilleure stratégie marketing qui pourra vivre de son art? Si vous croyez en votre projet et y investissez du temps, vous y arriverez. Pour la première fois depuis la création du piano, vous avez les ressources pour prendre vos rêves en mains et c’est magnifique. Lancez-vous! C’est le meilleur moment pour mettre sur pied une carrière autoproduite.

Chronique publié dans le Journal Baron v2n1 - automne/été 2012
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