Le FME, un festival à échelle humaine

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Photo: White Cowbell par Cyclopes

Dix ans de road trip musical unique au Québec. À chaque année des journalistes, musiciens et fans de musique font leur pèlerinage vers Rouyn-Noranda pour redécouvrir la camaraderie et la passion de la musique à son état pur. À chaque année, une communauté se retrouve pour partager bière, alcool fort, bouffe, jams, anecdotes et rires dans un décor à couper le souffle, d’une beauté sauvage. Trop beau pour être vrai? Jenny Thibault, vice-présidente et Sandy Boutin, président du Festival de musique émergente en Abitibi-Temiscamingue tentent de convraincre les sceptiques et racontent l’histoire de l’événement.

La genèse
Une grosse tempête de neige dans la réserve faunique de la Vérendrye, direction Montréal, novembre 2002. On ne roule pas vite, on a donc du temps à perdre, des silences à meubler. Parle, parle, jase, jase. Des discussions sur notre région et le manque flagrant de concerts musicaux de qualité, de bands que l’on aime vraiment. Pourquoi doit-on toujours se déplacer vers Montréal? Nous sommes en plein Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue. Événement véritablement inspirant pour nous, s’il en est un. On veut en faire autant, mais du côté de la musique. L’idée sort, c’est un peu abstrait. Où, quand, comment, sous quelle forme? Tout reste à préciser. Les semaines passent, l’idée se développe. On obtient du financement pour une étude de faisabilité. Les choses se placent et se précisent davantage. On arrête la date, le nom, on définit notre créneau, mais le temps presse déjà.

Nous organisons la première édition avec 22 groupes et 65 000$. Les artistes dorment tous dans un grand dortoir, un ami cuisinier leur prépare des bons petits plats. C’est un succès total sur toute la ligne. Les salles sont pleines, les gens en redemandent. Et on se dit qu’on pourrait vraiment faire mieux, avec plus de temps et d’argent.

Le concept
Avec une première édition réussie derrière la cravate, on gagne en crédibilité auprès des bailleurs de fonds. On obtient donc un peu plus d’argent, on grossit, on s’adapte, mais on conserve la même formule gagnante. On multiplie les concerts dans les petites salles et on récidive avec notre colonie de vacances pour les artistes. Le concept leur plaît. En fait, les musiciens qui ont participé aux premières éditions se sont avérés être nos meilleurs ambassadeurs. Le bouche-à-oreille a fait son chemin, comme on dit. La preuve? Des musiciens réputés nous contactent directement dès la deuxième année pour nous offrir leurs services.  Étant donné notre petit budget, on se doit de négocier serré, mais on leur promet bien du fun et beaucoup de bière.

La stratégie marketing
Comme on investit tout l’argent durement amassé dans la programmation, personne n’a de paie au sein du comité organisateur. Nous en avons donc encore moins pour faire de la publicité dans les grands centres. Nous invitons donc des journalistes nationaux à venir au FME et ce, dès la première édition. L’idée d’un dépaysement musical en région éloignée à son charme. Certains acceptent et, comble de chance pour nous, aiment leur expérience. On a donc une superbe couverture de presse. Le buzz FME prend donc encore plus d’ampleur.

L’image de marque
Karine Berthiaume, membre fondatrice du festival, est l’artiste derrière tout le visuel des éditions du FME. Elle relève, année après année, le défi de réaliser une œuvre singulière pour notre affiche annuelle. Notre image de marque est donc reconnue pour être créative, audacieuse et un brin revendicatrice. Aussi, tous les outils promos du festival se sont toujours démarqués par leur grande qualité, imprimés sur du papier recyclé et conçus avec soin.

La petite famille FME
D’édition en édition, on s’est amélioré : la logistique, la technique, l’accueil, les communications, tout y est passé. On a appris sur le tas. Un aspect important est à préciser ici : le succès du festival repose sur les épaules d’une équipe de bénévoles dévouée qui fait toute la différence. Dès les premières éditions, des gens se sont véritablement approprié l’événement. Parce que nos besoins en ressources humaines étaient immenses, ils ont été en mesure d’apporter leur savoir-faire et leur touche personnelle au festival. La plupart de ces volontaires sont encore impliqués aujourd’hui. Ils portent le FME à bout de bras en donnant des centaines d’heures de bénévolat à chaque édition. C’est véritablement la force tranquille du festival. Encore aujourd’hui, à l’exception de quelques contractuels durant l’événement et d’une coordonnatrice à l’année, le festival repose entièrement sur la volonté et le dévouement de gens passionnés. C’est ce qui rend l’ambiance du festival si unique et conviviale. Les gens se sentent impliqués, cet événement leur appartient.

Du 30 août au 2 septembre 2012.
fmeat.org