Affichage Interdit, une entreprise tolérée

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On entend beaucoup parler du vingt-cinquième anniversaire de l’entreprise d’affichage urbain Publicité Sauvage.Bien qu’elle ait plus de notoriété, elle n’est pas la seule à offrir ce service. Pour des campagnes d’affichage avec une stratégie à plus petit budget, c’est Affichage Interdit qui tapisse les rues depuis maintenant 15 ans. Baron s’entretient avec son fondateur, qui a préféré garder l’anonymat.

Baron : Pourquoi vouloir rester anonyme? Est-ce que l’entreprise est légale?

Affichage Interdit : Oui tout est légal, c’est seulement pour des raisons personnelles. J’ai une carrière dans un autre domaine et je préfère que mon employeur ne le sache pas.

B. : Comment Affichage Interdit a vu le jour?

A. I. : Avant, je travaillais pour Publicité Sauvage. On offrait une échelle de prix adaptée aux grandes entreprises culturelles. Il y avait donc, inévitablement, une partie du marché qui ne pouvait se payer de tels services. Moi, j’ai voulu donner une chance à cette clientèle; permettre aux compagnies moins fortunées de bénéficier d’un affichage urbain abordable. La transition s’est faite tranquillement et j’ai fini par me consacrer uniquement à ma clientèle. Avant de lancer ma carrière, je faisais du postering pour gagner ma vie pendant que j’allais à l’école.

B. : Ce n’est pas tout le monde qui connaît le milieu de l’affichage à Montréal. J’imagine que tu es au fait des lois et de ce qui est toléré?

A. I. : Mets-en. Il y a des règlements municipaux qui interdisent la publicité. Je crois que le point central de tout ce débat-là, c’est que si un commerce utilise une pancarte pour annoncer son commerce, l’administration municipale perçoit des taxes. Mais si, nous, on pose une affiche, nous n’avons pas de taxes de publicité à payer. C’est là où la Ville aimerait intervenir, mais c’est difficile parce que, d’un autre côté, ça fait partie de ses responsabilités d’offrir un espace publicitaire accessible aux groupes communautaires, aux artistes indépendants, aux gens qui font des ventes de garage, aux gens qui cherchent des chats!

Il y a de l’affichage depuis qu’il y a des villes. La ville se doit d’offrir cette voix à la population et Montréal est mal organisée sur ce point. Alors on taxe l’affichage et on colle une amende à toute publicité non désirée. Nous, on passe à côté de ça, on navigue en zone grise. En général, notre activité est tolérée parce que notre approche est temporaire. Nos affiches ne sont pas clouées et elles sont souvent apposées sur les palissades entourant les chantiers de construction. C’est loin d’être comme les néons que l’on retrouve sur la devanture des commerces.

B. : Il y a beaucoup d’affiches qui s’accumulent sur les poteaux. Est ce que ça devient un problème? Est-ce que les endroits où vous pouvez afficher sont limités?

A. I. : On fait attention. L’expérience nous a permis de connaître les endroits où nos affiches ont davantage de chances de rester exposées longtemps. Comme les gens nous approchent souvent avec produits à tirage limité, on doit optimiser la visibilité de chacun d’entre eux. On cible des endroits comme le coin des rues Saint-Laurent et Sainte-Catherine ou celui de Mont-Royal et Saint-Laurent; le genre d’emplacements sur lesquels la Ville détourne son regard et qui sont loin d’être déserts! Je pense qu’on trouve le moyen d’offrir une bonne visibilité à nos clients, peu importe le tirage de leurs affiches.

affichageinterdit.com