Jolie mais troublante: Camilla D'Errico

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Jolie mais troublante: Camilla D'Errico

Camilla D’Errico est une jeune artiste très en vogue depuis quelques années dans le milieu de la bandes dessinées. Elle est celle que tous les nerds aimeraient avoir comme amie.

Jolie mais troublante: Camilla D'Errico

Où êtes-vous né? Qu'en est-il de la famille d’Errico?
Je suis née à Ottawa, au Canada et dans ma famille, j'ai deux sœurs, plus vieille et plus jeune. Je suis l'enfant du milieu. La prodigieuse et mouton noir de la famille! Mes parents ont immigré au Canada de l'Italie avant ma naissance et ils nous ont élevés avec les traditions italiennes et, bien sûr, je n'ai que du sang italien chaud en moi! Il était intéressant de grandir partagé entre l’Italien et le Canadien. Je pense que c'est un bon mélange.

Quand vous étiez jeune, vous avez été une mordue de la bande dessinée et du dessin animé du samedi matin. Quels dessins animés et bandes dessinées étaient vos favoris et pourquoi?
Mes favoris, quand j'étais toute petite, étaient les He-Man and She-Ra, puis Pokemon, Sailor Moon, Ranma, etc. J'ai aimé les dessins animés qui avaient de bonnes histoires à raconter et qui avaient de grands personnages qu’on pouvait aimer ou haïr. Je voulais faire partie de leur monde. Plus ils sont excitants, mieux c’est. Il est tellement important de raconter une histoire et d'engager l'enfant à la regarder. Les enfants ont vraiment le sentiment qu'ils peuvent « être » ce personnage avec les pouvoirs spéciaux et de participer à leurs luttes. Mes dessins animés préférés sont ceux qui ont laissé la marque la plus émotionnelle dans ma mémoire.

Jolie mais troublante: Camilla D'Errico

Aujourd’hui, avez-vous toujours cette passion pour les dessins animés et bandes dessinées? Quelles sont vos découvertes ou vos déceptions?
Oui, j'ai encore cette passion. Je regarde beaucoup de mangas japonais et coréen. C’est encore plus fort aujourd'hui parce que je vois les choses avec les yeux d'une adulte. Le manga asiatique est le meilleur moyen pour raconter des histoires parce qu’elles ne sont pas des « histoires pour enfants ». Telle est la beauté de la bande dessinée asiatique. Ce ne sont pas des histoires de petits gosses. Plutôt, elles sont complexes, réfléchies, et enchanteresses. Si vous avez déjà lu ou regardé un manga, vous comprendrez ce que je veux dire! Sinon, je vous le suggère fortement.

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Quand avez-vous décidé officiellement de vivre de votre art?
J’étais jeune lorsque j'ai décidé de vivre de mon art. Je savais que je voulais dessiner des bandes dessinées. Je suis allée au San Diego Comic Con pour la première fois en 1998. Depuis, j'ai pris quelques cours de conception, dessin et d'animation et j’ai travaillé comme pigiste pendant de nombreuses années et aussi plusieurs fois gratuitement jusqu'au jour où j'ai réalisé que je pouvais travailler à la pige et encore gagner ma vie. À cette époque, je travaillais dans un magasin de fournitures d'art, alors j'ai quitté mon travail et mon voyage a commencé pour de bon.

Quel a été votre premier contrat et comment ça s’est passé?
Mon premier projet de bande dessinée, où j'ai été dessinateur en chef, était avec Committed Comics et le récit s’intitulait Zevon-7. Ce fût long et c’était en 2001. En fait, je suis allée dans des conventions de BD pour parler à d'autres artistes et éditeurs et pour leur montrer une partie de mon travail. Committed Comics m'a demandé de faire quelques illustrations pour eux, dans leur série intitulée « Threads ». Ils ont aimé mon travail, donc ils m'ont demandé de dessiner Zevon-7. Je n'ai pas été payée pour son élaboration, mais j’ai quand même travaillé dessus en allant en même temps à l'université. Par contre, ça m’a donné beaucoup de pratique et de formation. Je crois que l'histoire est finalement publiée aujourd'hui, par Angelgate Press. Mais avec le recul, je n’aime pas beaucoup ce que j’ai fait parce que j'ai amélioré mon style depuis toutes ces années.

Jolie mais troublante: Camilla D'Errico

Tu es impliquée dans l’industrie de la BD depuis près de 10 ans. Comment se porte cette industrie particulière?
L'industrie de la BD a tellement changé! Je l'ai vu grandir et évoluer. Elle est maintenant très liée à Hollywood puisque les scénaristes et les producteurs surveillent de près les « comics » et des romans graphiques pour des idées de cinéma. Je n'ai cessé de croître dans l'industrie, en travaillant sur différents projets, tout en développant mes tableaux d'art et de marchandises. Depuis mon premier travail avec Committed Comics, j'ai eu ma propre série publiée, appelée « Burn », qui est maintenant un roman graphique de Simon Pulse et qui est disponible dans les librairies. J'ai aussi dessiné « Make 5 Wishes », un roman mettant en vedette Avril Lavigne en 2007. Ce fut une bonne histoire, et je suis fière de mon travail. Ma dernière oeuvre est une mini-série de cinq numéros intitulée « Sky Pirates of Neo Terra », qui fait partie du jeu vidéo pour lequel j'ai aidé à la conception. Le lancement du jeu vidéo a lieu ce printemps (2010) et le roman graphique sera disponible en juillet. Il y a beaucoup de projets de bande dessinée à venir, y compris ma série « Tanpopo », qui est autoéditée ainsi qu’une collaboration avec le grand écrivain, Grant Morrison (par Vertigo).

La plupart des illustrateurs et dessinateurs se représentent dans leurs arts, d'une manière subliminale ou de façon vraiment précise. Quand on regarde tes pièces, il y a beaucoup de filles à l’allure mignonne et innocente, mais toujours avec un élément ou une action troublante. Joues à la psychologue! Comment ça te représente?
Tu m’as eue!!! Mon art me représente de nombreuses façons. Je suis très émotive et la peinture me permet de faire ressortir l'émotion d'une manière spéciale. J'aime la forme féminine. Je trouve les femmes belles, élégantes et délicieusement complexes. J'aime le fait que nous pouvons ressentir tant d'émotions, même les plus contradictoires toutes à la fois. Mes peintures montrent habituellement comment je me sentais à un moment donné. Je suis une romantique désespérée et il y a beaucoup d'allusions à l'amour, amour perdu, de nostalgie et de la vulnérabilité dans le travail. Je suis comme ces filles parce que je suis innocente, à certains égards, vraiment naïve et ludique, pleine d'amour et de générosité, mais j'ai aussi un puit profond d’émotions puissantes qui rend la vie intéressante, et parmi ces dernières, l'aventure, la peur, la colère, le remords, culpabilité... mais surtout, l'amour!

www.camilladerrico.com