Bandeapart.fm: Représenter la francophonie, ailleurs.

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Entrevue avec Louis-Richard Tremblay, chef des émissions pour Bande à part et Espace musique.

L’équipe de l’émission de radio, Bande à part, à Radio-Canada, a été l’une des premières à développer un site Internet pour faire la promotion des artistes locaux du Québec. Depuis, beaucoup de nouveaux joueurs sont venus y mettre de l’énergie et Bande à part a donc dû se positionner autrement pour être en complément avec les autres médias. C’est ce qu’elle a fait en septembre dernier.

Qu’elle est le nouveau positionnement de Bande à part?
Au niveau du réalignement du mandat, Bande à part arrive à ses 10 ans. Considérant qu’il y a du monde qui font très bien des choses que nous avons déjà faites, on se dit : « Laissons-les faire». Nous gardons un pied dans l’univers musical, mais nous prenons la musique sur le postulat que les textes et les gens qui les composent sont des leaders d’opinions ou canalisent des affaires qui sont des aspirations de la nouvelle génération. Donc, utilisons notre capacité en tant que diffuseur pour permettre à ces gens de communiquer leurs messages. En d’autres mots, ce que l’on aimerait devenir, c’est l’hôte des conversations sur les enjeux perçus par les nouvelles générations, essentiellement en travaillant avec les gens les plus visibles. On change un peu de mandat, donc c’est certain qu’il y a des gens qui risquent d’être déçus, comme dans tous changements, mais nous espérons que ce soit pour le mieux. Par contre, notre but est vraiment d’utiliser la musique pour refléter les préoccupations et les aspirations d’une génération. La musique demeure centrale à tout égard.

Comment avez-vous perçu l’évolution de l’industrie des dernières années?

L’évolution la plus majeure dans les dernières années est qu’au tout début, soit en 2001, dans la forme Internet, nous étions à peu près tout seul comme média pour la musique émergeante. Durant les neuf dernières années, il est apparu 33mag, BangBang et les radios universitaires se sont mises aussi tranquillement à faire des sites Internet, à offrir plus de contenu d’émissions en ligne. Un peu plus tard, les Sympatico et autres pourvoyeurs de services de liaisons Internet ou mobiles se sont mis à vouloir produire du contenu également. Donc, ça été le grand changement pour nous. Au moment où on a commencé à se rendre compte de ça, on a décidé de se pencher davantage sur ce que le monde faisait, pour arriver à toujours être en complément avec tout ça.

Quelle est la pertinence de Bande à part aujourd’hui, en tant que média pour la relève musicale à travers tous les autres médias?

C’est une question qui nous préoccupe beaucoup. À quel endroit sommes-nous capables, avec les ressources de Radio-Canada que nous avons, d’arriver à produire quelque chose qui va servir les artistes et qui va être intéressant pour le public? C’est de là que sont arrivées les sessions Bande à part, qui filment une performance live d’un groupe. Ces vidéos servent aux groupes pour vendre leur concert aux promoteurs de partout. Sinon, notre pertinence on va la chercher dans le rayonnement à l’international. Lors des 5-6 premières années, on avait une pertinence en tant que média au niveau de la scène montréalaise. Maintenant, il y a d’autres sites que le monde consulte pour savoir ce qui se passe dans la scène en générale. Mais notre pertinence s’est déplacée. Avec la venue de Sirius, on a gagné un rayonnement des artistes d’ici sur les États-Unis, dans l’ouest du pays et sur les Maritimes. On s’est un peu détaché de la base montréalaise. Puis, on comprend qu’au niveau de la scène montréalaise, notre pertinence est questionnée quant à notre capacité d’ajouter à la pertinence globale. On s’en rend compte lorsqu’on sort de Montréal. Bande à part est une référence quant à l’industrie de la scène francophone pour le reste du Canada. On a des commentaires qui viennent même d’auditeurs des États-Unis ou de clients abonnés à Sirius. Ils nous disent des trucs du genre « Je ne comprends rien à ce que vous dites, mais j’adore la musique ».

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