Stu Helm: King Velveeda contre Goliath

Avatar:
Author:
Publish date:
Social count:
0

En guerre contre la multinationale Kraft, promoteur de musique stoner à Chicago, amateur de tatouages de têtes de mort, dessinateur de bande dessinée pour des bands, des enfants, des affiches et des magazines distribués à travers le monde, Stu Helm est devenu un des artistes marginaux américains qui a réussi à faire sa place à travers son low brow art. Échange avec un stoner cheesy.

Stu vs Kraft
En 2001, j’ai été contacté par un avocat travaillant pour Kraft Foods International, la plus grande entreprise agroalimentaire dans le monde. En raison de ma présence sur Internet, ils avaient eu vent que j’utilisais le nom King VelVeeda et ils n’aimaient pas ça parce qu’ils estimaient que ça nuisait à l’image de leur propre Velveeta, du fromage chimique transformé. Ils m’ont demandé de cesser et de m’abstenir d’utiliser le nom immédiatement. Je leur ai dit de foutre le camp. Ils m’ont traîné en Cour fédérale, et je les ai affrontés pendant une année, d’abord seul, puis avec l’aide de la Comic Book Legal Defense Fund (CLBDF) et certains avocats qui s’étaient portés volontaires pour travailler sur mon cas.

C’est certainement l’un des pires épisodes de ma vie et les avocats de Kraft ont été parmi les plus gros trous du cul que j’ai rencontrés. Des hypocrites et menteurs. Après presque un an exactement, ils m’ont offert de régler hors cour, et j’ai accepté.

Les conditions étaient que je cesse d’utiliser le nom et ils donneraient 10 000 $ à un organisme de bienfaisance de mon choix. Nous avons choisi Freedom to Read Fondation (American Library Association).

J’ai continué ma vie, très heureux d’utiliser mon vrai nom, Stu Helm. Kraft a continué à produire cette dégoûtante « nourriture » toxique, qui est responsable de l’obésité infantile, du diabète et de maladies cardiaques. Franchement, je suis heureux d’être débarrassé de ce nom maintenant parce que je sens que l’association avec Kraft Foods allait ternir ma réputation.

Quelle est la plus grande difficulté d’être un artiste indépendant?

Le plus dur, c’est de rester concentré et motivé. Ça aide que j’aime mon travail, mais j’aime aussi jouer à des jeux vidéo, regarder la télévision et faire l’amour… il est donc parfois difficile de rester sur la cible et de travailler une journée entière, et ce, tous les jours. Il n’y a pas de patron me disant quoi faire et étant mon propre patron, je me permets de relaxer quand je peux, mais la plupart du temps, je suis concentré.

J’essaie de travailler de 9 à 5 du lundi au vendredi, de sorte que j’ai une certaine structure dans ma vie. Il fut un temps où je n’avais pas de structure du tout. Maintenant, j’ai mes fins de semaine et presque chaque nuit.

Pour atteindre cet équilibre, j’ai inventé une philosophie que j’ai appelée «The Kenny-Dallas Lifestyle». Il est basé sur le chien d’un ami qui avait deux noms. Quand il était mauvais, il l’appelait Kenny, et quand il était bon, il l’appelait Dallas. J’ai certainement un Kenny et un Dallas en moi, et je crois que les deux sont valables, mais Kenny a besoin d’être tenu en échec afin que Dallas puisse faire de l’argent et être un bon chef d’entreprise toute la semaine. Puis le week-end, Kenny dort sur le divan, mange des collations et fait généralement un gros gâchis que Dallas a besoin de nettoyer le lundi.

Stu Helm?
J’ai 43 ans et j’ai grandi dans l’ère post-guerre du Vietnam sur la côte nord-est des États-Unis. Mon père était un pasteur et ma mère une scientifique. J’ai été éduqué dans le système scolaire public, qui n’encourage pas exactement une carrière dans les arts. Certains de mes plus anciens souvenirs d’école sont des enseignants me disant de ne pas dessiner en-dehors des marges du papier.

J’ai toujours eu un fort sentiment anti-autorité et en 5e année, j’ai commencé un petit journal avec un ami. Il écrivait des articles et je dessinais. Après notre premier numéro, l’école nous ordonna d’arrêter de publier, parce qu’ils n’aimaient pas une des images que j’avais dessinée concernant un professeur. Plus tard au secondaire, j’ai eu de la difficulté avec mon professeur d’art, qui a trouvé mon travail « trop énervé ». Une fois, j’ai dû rester après la classe pour qu’elle puisse me regarder détruire l’un de mes projets devant elle.

Même au collège, j’ai eu des problèmes avec un de mes professeurs qui a décidé que certains de mes dessins nus étaient un peu trop osés à afficher. J’ai finalement été capable de convaincre mon professeur que la bande dessinée est valide comme forme d’art.

Après l’université, j’ai commencé à travailler pour moi-même, en utilisant le pseudonyme de « King VelVeeda », et j’ai débuté une entreprise de graphisme appelée Cheesy Graphics. Je travaille comme illustrateur et designer depuis environ 14 ans déjà. Je fais de l’art et des illustrations pour les petites entreprises, les écoles et les universités, sociétés, organisations, groupes et individus. C’est une grande carrière et j’adore!

J’ai commencé ma carrière à Boston et fait mes preuves à Chicago. Je vis actuellement dans une petite ville dans les Smokey Mountains au nord-ouest de la Caroline appelée Asheville.

Votre art?
Mon art est « cartoon ». Il est caractérisé par une épaisse noirceur dans les contours et des formes remplies avec des couleurs solides. Mon sujet tend vers la drogue, les filles, le rock and roll, des monstres, des Hot Rods et j’ai fait mes débuts professionnels en attirant des amateurs de bandes dessinées pour adultes dans les années 90 avec des titres comme Horny Biker Slut de John Howard et Elle (Last Gasp). J’ai arrêté de dessiner de la porno, mais j’aime encore dessiner des femmes séduisantes!

Ironie du sort : mon style se prête également à des thèmes pour enfants! Je fais beaucoup de contrats commerciaux destinés aux enfants. Un de mes clients préférés est un artiste local appelé Secret Agent 23 Skidoo, qui joue du « hip-hop positif » pour les enfants. C’est un gars formidable et je peux faire beaucoup de contrats plaisants pour lui. Même si je suis un vieux con sans enfant qui n’aime pas le hip-hop, j’ai une fois remporté un prix dans un concours de Hater. J’ai été le Hatenest, le roi!

Comment l’Internet et les nouvelles technologies ont-ils changé votre façon de vendre et de faire de la promotion?

Sans Internet, je ne suis pas sûr de ce que je ferais. Il contribue non seulement à me mettre en réseau et rencontrer des gens du monde entier qui ont besoin de l’art et des illustrations, mais il me permet d’envoyer des fichiers d’impression de haute qualité, n’importe où.

Projets future?
Je n’aime pas parler des futurs projets parce que cela pourrait porter de la mauvaise chance, mais je peux vous dire que je prévois continuer à faire exactement ce que je fais chaque jour : écouter de la musique, fumer de la marijuana et dessiner pour de l’argent!

www.cheesygraphics.com