Une nouvelle bible à Québec

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Yannick Cimon Mattar produit des concerts depuis presque toujours dans la ville de Québec sous le nom de Get A Room!. Il publie aussi depuis un peu plus de 10 ans, un calendrier imprimé de ses concerts, qu'il a intitulé La Bible. Ce n'est que tout récemment qu'il s’est associé avec le site internet quebectaime.com pour ajouter du contenu à son calendrier de 32 pages, distribué à un tirage de 12 000 copies. Petit échange de courriels avec Yannick à propos de la genèse de Get A Room!, de l'industrie du spectacle et de l'édition gratuite dans la ville de Québec.

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Tu es producteur de spectacles depuis longtemps à Québec. Peux-tu me raconter depuis quand? Et comment as-tu commencé?
Je produisais des shows comme passe temps depuis que j’avais 16 ans. Au début j’étais un petit bum qui voulait faire suer son père. Je voulais faire n’importe quel travail sauf emballer des épiceries ou tinker des chars. De fil en aiguille j’ai fait circuler mon nom à travers l’industrie et depuis 2004, Get a Room! est mon unique gagne pain.

Quel a été le premier concert que tu as organisé et quels groupes y jouaient? Comment ça s’est passé?
X-Large, Pure Random, No Vacn’c puis From grass To Cheese, au sous sol de l’église Saint-Jean Baptiste. Le show a super bien été, on a eu 175 personnes. J’étais un peu jeune et con mais au final c’était super!

Comment a évolué l’industrie du spectacle dans les 14 dernières années à Québec?
Des hauts et des bas. Chaque année on a un nouveau défi. Que ce soit de nouvelles techniques de promotion (bonjour l’arrivé d’internet), de nouveaux courants musicaux ou encore la perte d’une salle ou l’ouverture d’une autre, Simon et moi on connaît la ville comme le fond de notre poche, donc on a su s’adapter et survivre.

Comment se porte t-elle maintenant? Combien de concerts produis-tu environ par année?

On combat la gratuité! Ce n’est pas facile de convaincre les gens d’acheter des billets quand il y a autant d’événements à bas prix. Mais on s’en tire toujours et on travaille sur d’autres projets. Présentement, on a un petit recueil d’événements culturels dans lequel on vend de la pub et on travaille sur un système de billetterie. On est impliqué dans environ 150 événements chaque année.

Tu as décidé de commencer à publier un calendrier bimensuel pour annoncer tes productions. Peux-tu me parler un peu de ce qu’est le projet, de comment celui-ci a vu le jour et pourquoi?
La première fois que j’ai fait le calendrier, c’était en 1999. Je trouvais ça un peu mongol de devoir passer 10 sortes de flyers à tous les shows. Je suis allé voir Exo et je leur ai demandé d’acheter une pub pour baisser mes coûts de production. Par la suite, le calendrier a pris plusieurs formes dont sa plus célèbre, le livret de 16 pages. On a commencé à vendre plus de pub et à annoncer les shows de plusieurs bars et de plusieurs autres promoteurs. Finalement, depuis cet été on a doublé le nombre de pages et on a maintenant 4 articles partiels. Ce ne sont que des « teaser » car le but est que nos lecteurs visitent le site qui nous les fournit, soit www.quebectaime.com

Dernièrement, tu as fait une association avec le site Quebectaime.com. Peux-tu expliquer comment l’association est arrivée?

Un gars de Québec, Karl, est venu me voir en me disant « Hey, man, j’ai trop une bonne idée, je vais faire un livret comme le tien mais avec des articles! »… Après l’avoir gentiment traité d’épais, parce que c’est un ami, je lui ai expliqué que depuis déjà un bon moment, on travaillait sur l’idée et que plutôt que de faire 2 objets en compétition, on serait mieux de joindre nos forces et de faire fonctionner tout ça plus facilement. On a tous d’autres business et on a tous seulement peu de temps libre.

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Comment se déroule l’industrie de l’édition gratuite à Québec? Il y a beaucoup de compétition?
Nous on arrive, mais si on avait besoin de payer nos articles et de passer plus de temps sur le projet ça deviendrait compliqué. On n’a aucune subvention et lorsqu’il y a des pertes, on se dit : « ben au pire, ça fait de la vraiment belle pub pour nos shows, alors on paye! ».

Sinon, il y a le Exclaim que tout le monde se calice, le Voir qui est un incontournable, mais qui manque un peu de contenu, l’Impact Campus, qui n’a vraiment d’impact que sur le campus, et le Québec Scope qui s’adresse pas vraiment à notre clientèle.

Je ne pense pas qu’on puisse se comparer à aucun de ces mediums-là par contre. Notre mandat n’est pas d’offrir une lecture, mais plutôt d’informer sur la vie culturelle à Québec. On ne décrit pas l’événement, on le liste.

Et quel est l’objectif à long terme? Qu’est-ce qui s’en vient dans la prochaine année?
C’est sur que j’ai un peu poigné la piqûre des articles. J’aimerais ça laisser plus de place au contenu écrit, mais si je regarde à moyen terme, le format de poche du livret garantit en quelque sorte sa pérennité. Donc, d’augmenter le volume de tout ça rend la chose un peu plus complexe au niveau de l’impression, de l’entreposage et de la distribution. Pas question pour moi d’aller « full scale » et d’en faire un magazine. Du moins, pas un magazine imprimé. Avec le Ipad et le web, c’est un peu utopique de penser qu’on peut faire vivre un nouvel imprimé à long terme… quoi que, comme pour le vinyle, on pourrait voir resurgir le bon vieux magazine d’ici 10 ans!

Consulter la dernière édition de La Bible ici
Quebectaime.com
getaroom.ca