Isabelle Guimond aime Sweet Grognasse

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Première artiste à vêtir Baron, Isabelle Guimond, qui se cache aussi sous le masque de Sweet Grognasse, est ce modèle d’artiste qui touche à tout. C’est surtout grâce à son talent de sérigraphe – elle a conçu un tas d’affiches et de pochettes de disques - que la jeune artiste s’est forgé une réputation à travers les années.

Même si c’est la popularité de ses oeuvres en sérigraphie qui la précède, son habileté au pinceau est tout aussi épatante et totalement différente. Tiraillée par deux styles distincts avec deux médiums qui le sont tout autant, Isabelle a décidé de tracer une démarcation l’aidant ainsi à se positionner différemment selon la clientèle. « J’ai décidé de signer Sweet Grognasse sur les sérigraphies qui sont plus inspirées du Pop art, tandis que mes toiles reflètent plus un univers hyper réaliste. » Entretien avec une schizophrène tout à fait lucide.

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Pourquoi as-tu décidé de faire une séparation entre tes deux styles?
J’ai étudié en arts visuels, puis un été, j’ai suivi un cours en illustration publicitaire au Collège Salette. J’y ai appris qu’il était possible de faire de l’illustration et d’en vivre. Tout a bien été! Je suis sorti de là et j’ai eu un contrat, mais je me suis rendu compte que je préférais choisir mes clients qui n’étaient pas nécessairement payants plutôt que d’avoir un client qui me demanderait de changer des éléments à plusieurs reprises. Je me suis dit que si je voulais devenir une illustratrice productive, il faudrait que j’y mette la même énergie que pour réussir en arts visuels. Et Sweet Grognasse est arrivée pour faire la séparation entre mes projets personnels en art et ceux en design. Je vois les deux milieux comme des vases communicants, mais ce n’est pas nécessairement vu comme ça dans le milieu de l’art.

Qu’est-ce qui inspire Isabelle Guimond, la peintre?

Le cinéma m’influence énormément, la littérature aussi. Pour certain de mes tableaux, je vais capturer des images de film auxquelles je juxtapose des photos de mes amis de façon hyper réaliste. C’est un peu comme si je mélangeais l’histoire du cinéma avec ma propre histoire. J’essaie de choisir des images du film qui ne sont pas reconnaissables. Je travaille à temps partiel à la cinémathèque et ça me nourrit énormément.

Sweet Grognasse a l’air d’aimer beaucoup plus le look des années 50?
Je te dirais qu’il y a pas mal d'époques qui m'intéressent. La nôtre aussi! Pas seulement le passé! Avec les années 50-70, ça se passe surtout dans les publicités. Il y a une espèce de naïveté face au monde de la consommation et au monde industriel qui me plaît beaucoup. Même si aujourd'hui nous percevons ces choses avec ironie. J'aime particulièrement pouvoir détourner cette « vérité publicitaire » proposée à l'époque. La sérigraphie me permet de pouvoir jouer avec des images de plusieurs sources et de m'en servir pour construire des illustrations éclatées!

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Mais je n'aime vraiment pas tout de la culture des années 50. La gentrification, le racisme, l'homophobie et la misogynie sont présents dans l'imagerie globale de ces années, ce que je trouve inacceptable, mais la « facture » et le design de ces années sont, selon moi, très efficaces une fois le message détourné!

Dernièrement, tu as eu un contrat pour la télé?
C'est grâce à mon ami Gabriel Poirier-Galarneau (le meilleur « motion designer » de Montréal!). Il m'a engagé pour faire les illustrations qui lui ont servi à réaliser le générique d'ouverture et des capsules animées pour une émission qui se nomme « Apéro à l'opéra ». C'était un super beau contrat! Gabriel et moi voulions travailler ensemble depuis longtemps et c'était vraiment une belle expérience! D'ailleurs, je recommence l'expérience avec un nouveau projet qui va passer au Canal Évasion et qui se nomme « Transsibérien mon amour ». (Projet de Madelaine Arcand, Olivier Picard et Parceque film).

isabelleguimond.blogspot.com
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